Etabli sur un plateau dominant la mer et qui s'élève jusqu'à une hauteur de 58 m, d'accès difficile, le territoire de notre commune est l'un des plus anciens habités par l'homme dans notre pays. Cette sorte d'énorme forteresse naturelle devait naturellement attirer les indigènes qui pensaient y trouver une sécurité relative. De nombreux vestiges de l'industrie préhistorique y ont été trouvés et le prouvent.

Vestiges des temps préhistoriques.

Il y a 100 ans, on présentait à l'Académie des Sciences des échantillons de silex taillés, de couteaux, de pointes de flèches et pierres de fronde, découverts sur le rivage. Peu de temps après, MM. Emile Sauvage et Ernest Hamy signalèrent sur la terre ferme cette fois, mais non loin de la côte, 7 gisements de ces précieux débris, à savoir : Chatillon, le Mont de Coupes, Le Portel, Alprecht, Ningles, Equihen et La Salle.

Quant aux silex polis, on en a retrouvés le 14 octobre 1867 dans une sépulture construite en forme d'allée couverte, au lieu dit «Les Garennes d'Equihen» ainsi qu'aux «Gravois» (lieu dit dénommé aujourd'hui «Baraque à l'huile»). Dans cette sépulture, on a rencontré les restes accroupis de 9 individus parmi lesquels une femme et un enfant mais également une hache polie ébréchée, une vingtaine de silex, grattoirs, pointes, éclats de silex craquelés au feu et un peu de charbon de bois. Non loin de là, un foyer avait été allumé dont il ne restait que des cendres.

Découverte d'un cromlech.

En 1868, la Société Académique faisait fouiller la tombe «Fourdaine» (située chemin de Berquen) qui formait un magnifique cromlech à l'intérieur duquel s'étageaient plusieurs sépultures. Ce cromlech ovale était fait d'énormes dalles brutes de calcaire amenées de la côte et mesurant jusqu'à 1 m 80 voire 2 m 10 de long sur 0,80 à 1 m de hauteur et 30 à 40 cm d'épaisseur. Dans le milieu de cette enceinte de pierre de 25 m sur 18 m s'est rencontrée une sépulture creusée dans l'argile et couverte de 2 pierres plates de grés ferrugineux, parsemées de charbon de bois menu. Un squelette y gisait replié, les genoux sur les coudes avec un fragment de vase non tourné.

De même, on a pu étudier, au Portel et à La Salle, des dépôts coquilliers qui paraissent être également des vestiges laissés par la population qui habitait les lieux dans les temps préhistoriques.

L'âge du bronze : - 2000 av.JC.

Outreau a conservé également l'empreinte de l'âge de bronze. On peut signaler la découverte d'un grand nombre de hachettes du genre «Scalprum» et d'autres en forme de coins à fendre le bois qui semblent avoir été fondus et dont l'intérieur est creux.

L'occupation romaine : 58-51 av.JC. - Ve siècle ap.JC.

L'occupation romaine, au début de notre ère, a elle aussi laissé des traces sur le sol de notre presqu'île. C'est ainsi qu'en 1864, les ouvriers de la Maison Pinart de Marquise, occupés à extraire le minerai à Equihen, ont découvert des squelettes humains et des objets d'antiquités. Plus de 200 urnes en terre cuite renfermant des débris ont été extraites du sol en septembre 1863 près du Moulin Gravois. M. Bouloch, architecte, a trouvé des débris de poteries romaines dans les accotements d'un chemin qui monte de la Verte Voie vers le Tour du Renard.